Des milliers de choses à dire
Il semblerait qu’aujourd’hui, je me sente dans une humeur
d’écrivain ! Tant de choses à dire… Ces dernières semaines, chaque fois
que je me suis retrouvée dans le tram, j’ai pensé à des choses que j’avais
envie de partager avec vous…
Tout d’abord, il y a mes impressions sur le livre que je
suis en train de lire. Cela s’appelle « Almost French ». C’est
l’histoire, vraie, d’une journaliste australienne qui rencontre un français et
décide de s’installer à Paris pour rester avec lui… Après des années de vie en
France, elle a décidé d’écrire un livre sur son expérience française… Je dois
reconnaître que le livre est marrant. Sur pas mal de points, je suis d’accord
avec elle. Sur d’autres, je trouve qu’elle généralise trop son expérience à ce
que sont vraiment les français… Mais de façon générale, ce que j’aime dans ce
livre, c’est qu’elle reflète complètement quels sont nos sentiments quand on
vit dans un pays qui n’est pas le sien. Les différences culturelles.
L’éloignement de sa famille et de ses amis. La création d’un nouvel
environnement. L’appropriation d’une nouvelle vie, d’un nouveau pays (comme le
dit Xavier dans « L’Auberge Espagnole »)… Pour ceux qui n’ont pas
expérimenté la vie à l’étranger et qui sont curieux d’en savoir plus, pas de
doute, ça vaut la peine de le lire !!!
Allez, pour les plus curieux, je vais reprendre quelques points qu’elle aborde dans son livre sur les différences culturelles franco-australiennes…
1- Les repas
Pas de doute, nous n’avons absolument rien en commun dans ce domaine ! Que ce soit sur l’heure des repas, la composition des repas, la façon de se tenir à table, etc… nous n’avons rien en commun !
L’heure des repas : Traditionnellement, en France, nous avons
- 1 gros petit déjeuner composé de pains, confitures, biscuits, céréales, yahourts, etc… bref, du sucré aux alentours de 7 ou 8h
- 1 déjeuner entrée / plat /dessert, que nous partageons généralement avec notre famille / amis (durant les week-ends et les vacances) et nos collègues (durant la semaine) aux alentours de 12 ou 13h
- 1 goûter (parfois)
- 1 dîner entrée / plat / dessert, plus léger,. mais relativement consistant pris aux alentours de 19 ou 20h
En Australie, les choses sont relativement différentes. Tout d’abord il y a la semaine : petit déjeuner (Vegemite / pain de mie et de temps en temps beurre de cacahuète avec 1 café « Latte »), la pause déjeuner ressemble plus à 1 « sushi roll » ou 1 sandwich avalés en 10 minutes en face de son écran et le dîner, pris aux alentours de 18h30 (forcément, sans pause déjeuner, je met qui que ce soit au défi de tenir plus longtemps) généralement constitué de… 1 plat unique !
Le week-end, le petit déjeuner prend plus d’importance. Au menu : œufs, haricots blancs, champignons, fromage, etc… dans les cafés, tout le monde se retrouve entre 11h et 14h pour partager le « Big Breakfast » ou les « Eggs Benedict » ou « Eggs Florentine », etc… accompagné d’un Latte, cappucino, Flat White, etc (Pour ceux qui se posent la question, le café auquel nous sommes habitués en France, est l’équivalent de leur « Short Black »). Le petit déjeuner au resto est une vraie religion, ici. Ce qui leur permet d’attendre leur diner servi à … 18h30 et encore une fois constitué d’un plat de pates ou autre… mais sans entrée, ni dessert !
Et en été, il y a le concept du barbecue… en fait, là, je
dois reconnaître que je ne peux pas trop vous aider à comprendre ce qui se
passe… l’heure du RDV est généralement 15 ou 16h… Déjeuner ou dîner ? Je
dois reconnaître que pour moi, ça reste un mystère ! Car c’est très tard
même pour un déjeuner tardif et c’est très tôt, même pour un dîner
tôt !!!! Hormis le concept de se retrouver en plein milieu de
l’après-midi, il y a autre chose que je n’ai toujours pas compris dans le mode
de fonctionnement australien… c’est le partage des repas… en fait, quand
quelqu’un organise un BBQ, il demande à chacun de venir avec… ce qu’il veut
manger. Et chacun mange… ce qu’il a amené ! En France, l’organisation
voudrait qu’on demande à chacun d’apporter quelque chose en particulier… de
façon à faire un mix entre les envies et compétences de chacun. Ici, non… Si on
vient avec 2 saucisses, on mange 2 saucisses. Remarquez, au moins, ça évite
d’être déçu en se disant qu’on a amené quelque chose de meilleur que les
autres !
Une autre chose étrange, avec les repas… c’est le fromage en
début de repas… et servis avec des crackers ! Je vous assure qu’au début,
ça surprend ! Etant donné que je ne mangeais que très peu de fromage en
France, je ne rentrerais pas dans le débat sur le goût du fromage. Mais à
priori, d’avis de tous, il n’y a pas de doute… le fromage français a plus de
goût. Dans les frigos normaux, le cheddar est présent à la place du Camembert
ou du Roquefort (quoi qu’on commence à trouver le roquefort et autres, ici
aussi).
Quant au pain… là, je ne sais quoi dire ! Oui… il est
possible de manger du bon pain, du moins à Melbourne… mais il faut voir le
prix ! Le pain, ici, c’est le pain de mie (complet, au céréales, blanc,
etc…) donc plein de sucres et de choses additives...
Et puis, il y a les dîners organisés… disons que même si vous êtes invités chez des amis, en petit comité, attendez-vous plutôt à un plateau de fromages, des dips (houmous, tzatziki, sauces à base d’aubergines, d’épinard ou autres) avec des crackers… et éventuellement un plat de pâtes après… plutôt que le traditionnel entrée / plat (avec de la viande) / fromage / dessert que nous avons en France !
Ah oui ! Il faut rajouter l’étrangeté de considérer un
plat de légumes comme unique plat de repas, comme quelque chose de
normal ! Par exemple, vous arrivez chez quelqu’un et avez un plateau de
dips suivi de spaghettis aux aubergines… et il s’agit d’un vrai repas !
Remarquez, dans un pays constitué d’énormément de végétariens, c’est assez
normal !
Bref… tout ça pour dire, que pour un français, se faire aux
habitudes alimentaires d’un australien, c’est étrange. Je dois reconnaître, que
ça a son avantage quand on est l’hôte ou l’hôtesse (moins de pression), mais
c’est parfois frustrant !
Ah ! Et j’allais oublier une chose ! Je ne vais pas généraliser ce cas, car ce n’est pas tout le monde… mais il y a le fait d’attendre pour commencer à manger et pour débarrasser ! Une des 1ères fois où j’ai invité chez moi, le temps que je finisse de mettre tout dans des plats pour servir et que je rejoigne tout le monde dans la cuisine, j’ai eu la surprise d’arriver dans le salon et de voir que certains avaient terminé de manger… Quant à la fin du repas… dès qu’on a fini de manger, on se lève de table et débarrasse son assiette… peu importe que les autres aient fini ou pas ! Nous sommes bien loin, du « bon appétit » que dit l’hôte ou l’hôtesse pour signifier à ses invités qu’ils peuvent commencer à manger !
Et d’ailleurs, une chose aberrante qui choque, la 1ère
fois, au restaurant… c’est que dès que votre assiette est vide, un serveur
vient vous l’enlever. Peu importe si les autres personnes, en face de vous ont
fini ou pas ! Pour travailler dans l’univers de la restauration, j’ai cru
comprendre que c’était pour rendre service… car l’assiette encombre et empêche
de s’installer correctement ! Là encore, c’est un peu individualiste…
Je dois reconnaître que l’expérience culinaire, en Australie, n’est pas ce qui me fait rester dans le pays… Il y a de nombreuses choses qui me manquent de ce point de vue là… Se retrouver pour prendre l’apéro, partager les 2h avec un bon vin parfaitement en harmonie avec les plats, attendre les autres pour commencer et finir… Bien entendu, je pense que certaines personnes doivent faire ça… mais ça reste une minorité !
2- L’alcool
Je dois reconnaître que je commence tout juste à réaliser à quel point il est vrai que les australiens boivent plus que les français… Il est évident que nous avons une réputation de buveur de vin… mais cela reste très souvent en accompagnement d’un repas. Un bon vin rouge pour accompagner une viande rouge. Un vin blanc sec pour du poisson. Un vin banc sucré pour le dessert. Etc… Tout est une histoire d’harmonie entre les plats et les vins. Mais ici, les choses sont différentes. Je travaille dans un restaurant / bar à vins. Je n’ai jamais vu qui que ce soit choisir son vin en fonction de ce qu’il allait manger. Ils demandent des conseils par rapport aux vins (soit dit en passant, personnellement, je préfère les vins rouges australiens et les vins blancs français. Pour tout ceux qui pensent que les français sont les seuls à savoir produire du vin, je vous conseille de tester ce qui se fait ici !!!!) et ensuite choisissent leurs plats, sans jamais réfléchir au fait que oui ou non, cela va ensemble… L’alcool reste quelque chose à part entière. Et les quantités ne sont pas les mêmes. En France, si on fait un repas à 2 et que l’on finit une bouteille, on considère qu’on a vraiment pas mal bu… ici, c’est plutôt, 1 bouteille par personne… ou tout au moins, un minimum d’une bouteille et demi, à 2…
3- Les relations hommes / femmes
Il me semble plus difficile, ici, d’avoir une véritable relation amicale avec un homme. Alors qu’en France, je n’ai presque toujours été qu’avec des hommes, ici, je ne peux vraiment considérer les mecs que comme des potes… Au contraire, moi qui n’ai presque jamais eu de copines en France, je ne suis maintenant presque qu’avec des filles. Je n’arrive pas encore à bien comprendre d’où viennent les choses. Ici, les hommes sortent entre eux. C’est courant de voir des tables entières de mecs et des tables entières de nanas. La relation amicale hommes / femmes ne semblent pas vraiment possibles. Je ne suis pas sûre que ce soit un problème de séduction. Je ne pense pas non plus que ce soit un problème de féminisme. Il semble que ce soit plus un problème d’individualisme. Alors qu’en France, les couples sortent beaucoup ensemble, ici, chacun continue à sortir avec ses groupes d’amis et les couples se retrouvent ensemble. J’ai la sensation qu’il arrive plus rarement qu’on fasse des compromis 1 soirée avec les amis de l’un et 1 soirée avec les amis de l’autre. Pour certains, il s’agit d’une plus grande confiance et de liberté dans les couples, pour d’autre, il s’agit d’un refus de céder de son espace à l’autre et il s’agit donc plus d’une question de pouvoir…
Personnellement, je suis adepte du modèle latin… et même si je reconnais le besoin de sortir séparément, j’aime l’idée de vraiment partager sa vie avec l’autre… car la vie de couple, c’est aussi faire des concessions… Mais disons que c’est le côté passionnel des latins !
En revanche, je dois reconnaître qu’il y a quelque chose de bien dans ce modèle… c’est l’amitié entre filles… en fait, en France, je me suis toujours demandée pourquoi je n’avais pas plus d’amiEs… je n’ai compris qu’en lisant ce livre… c’est un problème de compétition… En fait, en France, amies ou pas, les filles vont toujours se juger, se comparer… la réussite, le physique, etc… moins obsédées par le physique, les australiennes sont beaucoup plus solidaires les unes avec les autres. Il y a une vraie amitié entre les filles. Et je dois reconnaître que ça fait vraiment du bien
4- Le côté élitiste en moins
Une chose est sûre, une chose qui ne manque pas de la France, c’est l’ambiance élitiste… Quel que soit ce qu’on fait en France, il y a toujours la pression pour être le meilleur. Les écoles, les universités, les filières (bah oui, tout le monde sait que c’est une preuve qu’on est plus intelligent si on va en science plutôt qu’en arts ! Qu’est ce que ça peut faire que ça nous intéresse pas ?!?), etc… tout est organisé selon un mode hiérarchique. Je me souviens quand je suis rentrée à HEC. J’ai tout d’un coup découvert qu’il y avait les écoles de groupe A, les écoles du groupe B, etc… et les universités qui devaient même pas appartenir au groupe Z !!!!! Ce midi, je parlais avec un australien des CSP et notamment des CSP+… il trouvait aberrent qu’il y ait ce concept et encore plus des événements, des campagnes de pub, etc… qui leur soient adressées. Bon, soyons honnête, je pense que ça doit être le cas partout… mais pas à la même hauteur ! Car ici, si vous regardez les universités, il n’y a pas toutes ces comparaisons… l’idée est que chacun fait ce qui lui plait ! Peu importe si c’est un peu de dessin, un peu de business, un peu de socio,…
5- La mode
Toujours dans ce livre, elle parle des problèmes vestimentaires en France… bon, soyons honnête, elle a accentué certains morceaux ! Toutefois, certaines choses sont vraies… notamment, à 1 moment, elle parle du fait qu’elle envisage d’aller à la boulangerie, en plein cœur du quartier Montorgueil habillée en… pantalon de jogging ! C’est peut-être exagéré… mais pas tant que ça ! Pendant que j’habitais à Paris, jamais je n’aurais envisagé de sortir habillée complètement n’importe comment. Même si je ne me serais pas nécessairement maquillée pour aller à la boulangerie, j’aurais au moins enfiler 1 jeans et un pull, pour être « présentable » ! Ici, j’ai vu mes flatmates sortir de la maison en paréo et en tongs, pour se rendre au petit chinois du coin ! Ce qui ne semble pas complètement stupide… non ?
Bref… cela fait maintenant plus d’1 an et demi que je vis ici… j’ai eu le temps de noter les avantages et les inconvénients de chaque pays. C’est marrant de voir comment 2 pays modernes peuvent se différencier l’un de l’autre. Quand on arrive, on ne voit que le beau (ou le mauvais, pour certains) et avec le temps, les choses s’atténuent… on commence à relativiser, à savoir ce qu’on aime et n’aime pas dans chacun des pays. On modifie son comportement pour s’habituer au mode de vie. On s’approprie certains comportements. Je vois les différences en moi, depuis que je suis arrivée. Je me trouve plus relax. Je me mets moins la pression de savoir ce que les autres pensent de moins… Ca fait une différence énorme. Maintenant, il y a quand même des choses qui me manquent de la France. Par exemple, ces histoires de repas… c’est une pression que j’aime bien. J’aime mettre « les petits plats dans les grands », comme on dit. De même, parfois, le côté passionné / latin des relations me manquent. J’aimerais que mes amis soient moins individualistes, moins protectionnistes par rapport à leurs vies. Mais curieusement, au final, c’est ici que je me sens plus chez moi, maintenant… car je trouve qu’il est plus facile d’apporter ces 2 éléments ici, que d’apporter l’état d’esprit relax en France (quoi qu’il faut reconnaître que les australiens ne connaissent pas le mode relax pour le travail… mais ma théorie pour ça, c’est qu’ils sont tellement relax dans leur vie de tous les jours qu’ils sont incapables de gérer le stress au bureau ! Donc, ma solution… travailler pour moi ou continuer dans la restauration !!!!)
Bon… j’avais dit que je voulais parler de plein de choses… c’est vrai ! Mais le temps s’est écoulé depuis le début de ce message et il est temps pour moi de me remettre au travail ! Dans les jours prochains, je vous parlerais donc de l’importance des rencontres quand on crée un festival (cf : Hamish qui m’expliquait comment il avait pu créer son FRL) et aussi à quel point j’aime ma nouvelle maison ! Et prime, vous aurez même des photos de mes colocs… Alors, restez près de vos écrans !!!!